
Ce mini-opéra revisite l'histoire mythologique d'Orphée et Eurydice en version réduite et décalée : cinquante minutes de musique, de poésie et d'humour avec des marionnettes de 80 cm incarnant les héros et les créatures des enfers. Valérie Lesort, réalisatrice déjà primée aux Molières, signe une adaptation malicieuse de l'opéra Gluck qui démonte l'idée reçue selon laquelle ce genre serait réservé aux adultes sérieux. Les interprètes, chanteuses, jouent aussi bien les marionnettes que les marionnettistes, créant une ambiguïté théâtrale où les frontières entre vivant et inanimé s'estompent.
La partition reste fidèle au conte : Eurydice décède le jour de ses noces, Orphée tente de la ramener des enfers en séduisant les dieux par sa musique, sous réserve de ne pas se retourner. Mais ce voyage prend une tournure absurde. L'héros, pleurnichard, doit affronter une Eurydice capricieuse en pleine remise en question existentielle. Jeux de lumière, illusions et théâtre noir ponctuent cette descente farfelue et tendre aux enfers. Lesort et son complice Christian Hecq proposent aux jeunes spectateurs une porte d'entrée joyeuse vers l'opéra, tandis que les adultes redeviendront enfants face à tant de fantaisie.