
Berlioz conçoit La Damnation de Faust non pas comme un opéra traditionnel, mais comme un théâtre sonore où la partition pour solistes, chœur et orchestre suffit à porter l'imagination. Inspiré par la traduction de Gérard de Nerval du roman de Goethe, le compositeur a mis près de vingt ans à achever cette grande fresque romantique qui concentre les grands thèmes du genre : le voyage, la Nature, l'amour, la solitude et la mort. Le Théâtre de Caen accueille cette création mise en espace par Guillaume Marmin.
Le livret suit Faust, désenchanté et prêt à en finir, au moment où Méphistophélès le pousse à jouir de la vie et lui fait rencontrer Marguerite. Amoureux, Faust scelle un pacte avec le diable pour la sauver, échange qui mène à la rédemption de la jeune femme mais à la damnation de Faust lui-même. Les chœurs accentus, fondés par Laurence Equilbey, jouent un rôle crucial en incarnant tantôt des démons, tantôt des villageois ou des créatures fantastiques. L'ensemble des solistes réunit des interprètes fins connaisseurs du répertoire français, tandis que Pierre Dumoussaud, récemment nommé à la direction de l'Orchestre de l'Opéra Normandie Rouen, dirige l'orchestre.