
Marie Chouinard, figure emblématique de la danse contemporaine québécoise, présente au Théâtre de Caen trois créations chorégraphiques nourries par de grandes partitions classiques. Magnificat explore la partition de Bach consacrée à la Vierge, Le Sacre du printemps réinvente la célèbre musique de Stravinski avec une gestuelle organique et presque animale, tandis que Lascia ch'io pianga propose un court duo sensuel sur pointes inspiré de Haendel. Chaque pièce ancre la danse dans la musique, en prolongeant l'élan et l'énergie de la composition.
Le Sacre du printemps, signé en 1993, marque un tournant dans le travail de Chouinard. Les danseurs, parés de cornes, griffes et défenses, déploient une gestuelle qui fait dialoguer la puissance orchestrale et les mouvements du corps, comme électrisés l'un par l'autre. Le Magnificat poursuit cet élan vital en vêtant les interprètes de collants chair auréolés d'or, célébrant par une danse de grâce et sensualité la plénitude exprimée par la musique de Bach.