
François Chaignaud crée Думи мої, DUMY MOYI, une pièce de danse en rupture avec les conventions du théâtre occidental. Le spectacle se déploie dans un espace sans gradins ni scène, où le public et les danseurs partagent un même plan, rapprochés dans une intimité volontaire. La pièce existe en plusieurs séances quotidiennes, à la manière des projections cinématographiques, permettant aux spectateurs de choisir leur heure de visite. Durant 35 minutes, la performance explore une proximité à la fois délicate et démesurée.
L'esthétique de la création s'inspire librement des rituels du theyyam, ces cérémonies du Malabar où les costumes monumentaux des danseurs les transforment en divinités tout en les rapprochant de ceux qui les viennent les honorer. Romain Brau dessine des costumes qui incarnent cette dualité, tandis que Philippe Gladieux orchestre une conception lumière propre à sublimer ces formes et ces corps. Le projet se veut antidote aux rituels hiérarchisés et frontal du spectacle traditionnel, proposant plutôt un partage d'espace et une communion singulière entre créateur et spectateurs.
Au Centre Chorégraphique National de Caen en Normandie, cette pièce s'inscrit dans une réflexion sur l'intimité et le pouvoir transformateur du geste dansé, loin des conventions scéniques établies.